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De plus en plus de mères surprotègent leur bébé... vraiment?

Aujourd’hui, dans cet article de La Presse, le journal a décidé de mettre comme accroche une phrase choc, mettant l’emphase sur un élément négatif d’une nouvelle étude de l’Insitut de la Statistique du Québec (ISQ) sur les pratiques et attitudes parentales. Celle-ci s’inscrit dans le cadre d’une étude longitudinale (Grandir au Québec) qui suivra une cohorte de 4000 enfants nés au Québec en 2020-2021 jusqu’à l’âge adulte. Cette étude a pour but de mieux cerner ce qui va influencer leur développement. La nouvelle étude met en comparaison la cohorte d’une étude similaire qui date de 1997-1998.


Pour revenir à l’article de La Presse, il apparaît évident que l’objectif était de générer du clic. Rien de mieux qu’une mauvaise nouvelle pour faire jaser. Pourtant, l’ISQ sur leur site a plutôt choisi de mettre en lumière l’amélioration notable dans l’engagement et la confiance des pères dans leur rôle parental. Bien que cette information se retrouve dans l’article, elle figure au dernier paragraphe. Il est aussi important de souligner que les premiers résultats datent de l’époque de la pandémie. Dans l’article, il en est fait mention lorsqu’est abordée la question des symptômes dépressifs chez les parents.


Toutefois, il apparaît évident que la pandémie a aussi eu un impact sur le niveau de protection des mères sur leur enfant. Pour avoir une mesure réelle de l’évolution de ce comportement, il apparaît nécessaire de comparer les contextes sociaux de chacune des époques. Il sera aussi intéressant de voir l’évolution de cette mesure dans le temps pour voir si c’est effectivement un changement durable où si cette hausse était circonstancielle. Ce genre de recherche est essentiel pour comprendre l’évolution de la population à l’égard de certains comportements. La couverture médiatique est aussi importante pour informer le public.


Cependant, considérant que ce n’est pas l’ensemble des lecteurs de La Presse qui prendront le temps de s’intéresser à l’étude plus en profondeur, l’auteur de l’article aurait pu aborder les résultats d’un autre angle. Les mères portent une charge mentale suffisamment grande. Pas besoin de mettre l’emphase sur une information décontextualisée potentiellement culpabilisante. Il est aussi important de souligner que l’étude met en lumière certains comportements sans nécessairement chercher d’explications dans les variations entre les deux études. La question de l’augmentation des comportements de surprotection chez la mère pourrait être une étude à part entière.


Et vous, qu’en pensez-vous ?

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