préjugé, quand tu nous tiens...!

Malgré une plus grande compréhension et acceptation sociale des problématiques de santé mentale, certains préjugés sont encore difficiles à déconstruire… « Ce sont toutes des fous » « C’est juste des lâches » « Y’est juste paresseux »… ! Beaucoup d’éducation reste encore à faire. Il faut cependant comprendre que nous nous battons contre des siècles de conditionnements et de perceptions négatives ou erronées face à la maladie mentale. N’est pas si loin le temps où les seuls traitements envisagés étaient l’enfermement à vie, les électrochocs sans anesthésie ou encore la lobotomie d’une partie du cerveau.


Pour donner un exemple plus concret du genre de traitement qui était réservé aux « malades mentaux », il est intéressant de savoir qu’au XIXe siècle, à l’hôpital St-Mary Of Bethlehem à Londres, des billets étaient vendus à la population pour venir observer les personnes institutionnalisées et leurs comportements [[1]. En effet, ils étaient vus plus comme des bêtes de cirque que comme des êtres humains. Dans certains cas, ils étaient même simplement attachés à leur lit, croupissant dans leur urine et défécation[2]. Heureusement, les travaux de Jean-Baptiste Pussin et ceux d’un certain Philippe Pinel adoptent le point de vue, peu populaire à cette époque, que ces personnes méritent d’être traitées avec humanité[3].


À l’heure actuelle, au Québec, c’est environ une personne sur 5 qui aura à faire face à des difficultés avec sa santé mentale au cours de sa vie. Cependant, seulement 50 % de ces personnes iront consulter un professionnel pour leur situation[4]. Les difficultés d’accès aux services en santé mentale et les préjugés qui persistent, dans le contexte pandémique actuel, rendent la situation d’autant plus complexe. Il semble légitime de se questionner sur quel sera le coût social de l’inaction du gouvernement (sous financement du réseau public et des organismes communautaires, couverture de l’assurance maladie et des déductions d’impôts limitées pour les soins de santé mentale, etc.) face à ce constat.


Le maintien du statu quo, ultimement, ne fera que maintenir et renforcer les préjugés déjà existants… !

[1] Jeffrey S. NEVID et al., Psychopathologie : une approche intégrée de la santé mentale, Québec, Pearson ERPI 2e édition, 2017, P. 18. [2] Ibid., P. 18 [3] Ibid. P. 18 [4] À propos des troubles mentaux (page consultée le 18 janvier 2022) [en ligne], https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-mentale/informer-sur-troubles-mentaux/troubles-mentaux/a-propos-troubles-mentaux.





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